Ali for ever !

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L’été arrive à grand pas et je trépigne d’impatience de vous montrer tous les modèles qui peuplent la boutique en ce moment…

Aujourd’hui je vous présente Ali, sublimée par Christelle notre mannequin de l’été et Adélie, une apprentie maquilleuse /coiffeuse. Les photos sont signées Wilfried Leproust.

Un grand merci à tout les 3 !

Il y a quelques semaines la belle équipe s’est rendue sur une péniche lyonnaise : Balthazar, amarrée au quai du Rhône. On avait bien envie de larguer les amarres justement, descendre le Rhône jusqu’à Marseille, hisser les voiles et partir à l’aventure…euh non je m’égard…

Ali se décline en 2 couleurs principales sur fond gris ou beige, saupoudrées d’une multitude de jerseys différents pour les emmanchures et le dos.

La couleur est donc à l’honneur !

Ce modèle se nomme Ali car j’ai trouvé ce beau tissu fleuri lors de mon tout premier voyage en Inde… L’occasion de vous raconter comment j’en suis venue à créer la marque de vêtements Ali Ati…

Toute cette histoire a commencé bien avant 2009, sur les bancs de l’école, déjà à rêver de voyages… Je suis en BTS métiers de la mode et je dois faire un stage en fin de première année. J’apprends qu’il y a une bourse pour les étudiants qui souhaitent faire leur stage à l’étranger! Mon sang ne fait qu’un tour, j’ai très envie d’aller en Inde ! Ne me demander pas pourquoi je ne pourrais pas l’expliquer, c’était une envie instinctive…l’Inde…

Quand j’ai une idée, en général, je fais tout pour mettre mes projets a exécution j’ai trouvé une entreprise pour m’accueillir en stage à l’autre bout du monde, j’ai pris mon p’tit billet d’avion et mes lunettes de soleil et me voilà en Inde, plus précisément à Madras.

Comme souvent en Inde les plans ne se déroulent pas tout à fait comme prévu et c’est tant mieux !

Voyage en train pour me rendre dans la ville industrielle où j’effectue mon premier stage, et oui il va y en avoir un autre. C’est une histoire à rebondissements…

Me voilà à Tirupur plongée dans le monde de l’industrie textile. Je voulais voir, je ne suis pas « déçue ». L’entreprise où j’effectue mon stage fait des produits en jersey de A à Z ! Réception des cônes de fil de coton, tricotage industriel, blanchiment, teinture, coupe, sérigraphie, montage, étiquetage, emballage et hop, c’est partie direction l’Europe !

C’est une expérience intense. Après un mois, l’euphorie de la découverte laisse place au poids de l’incompréhension d’un mode de production qui me choque. Je sens qu’il faut que je parte pour ne pas sombrer. Heureusement, avant de partir de France une autre entreprise à Delhi m’avait répondu positivement .Je les contacts prétextant l’envie de compléter mon expérience professionnelle chez eux. Ils sont tout à fait disposés à m’accueillir dès que je le souhaite. Ni une ni deux je m’envole pour Delhi où je vais passer les 2 mois et demi qui ont marqué ma vie à jamais. C’est excessif à écrire mais c’est la réalité, la réalité indienne, l’Inde dont je suis tombée amoureuse.

Pour vous mettre dans l’ambiance nous sommes début juillet, il fait très (très) chaud de jour comme de nuit. Je ne sais pas si c’est la chaleur ou l’excitation de cette aventure mais je dors très peu. Toute la nuit j’attends avec impatience que le jour se lève pour traverser Delhi de part en part (ce n’est pas une façon de parler, mon entreprise est au nord/ouest dans le quartier industriel et je vie chez des amies qui habitent au sud/est de la ville…)Les bus et le métro me transportent d’un bout à l’autre de la ville, ce trajet d’une heure trente tout les matins et tout les soirs m’offre un spectacle extraordinaire du quotidien indien. Je sais qu’à mon arrivée dans l’entreprise je vais retrouver mon maître de stage et que la journée va être douce et riche loin du tohu bohu de la ville.

La première fois que j’ai rencontré mon maître de stage je crois que l’on a tout les 2 été bien surpris l’un par l’autre. Il ne souhaite pas que je l’encombre, il me met directement à l’épreuve. Il me tend un croquis et un patron de base pour que je réalise les transformations nécessaires à l’obtention du patronnage du modèle. Sans beaucoup plus d’explication (nous ne parlons pas la même langue…) il me donne un crayon et m’indique une table au loin dans le couloir. OK. Je bricole mon p’tit patronnage dans mon coin et lui rapport les éléments qui composent le modèle.
C’est là que tout a commencé. Il me regarde à nouveau mais son regard ne me dit plus que je dérange, il me dit « ah bon, tu es modéliste ??? ». Il m’invite alors à sa table, j’ai le sourire jusqu’aux oreilles et je vais passer 2 mois à travailler à la table d’un génie du modélisme. Elément central de l’entreprise, tout le monde passe par ici, confirmer un tissu, une finition ou voir la drôle de française qui squat sa table, haha !

Une complicité humaine et professionnelle se tisse entre nous. Chaque jour je suis en admiration devant son travail et sa gentillesse. Sa gentillesse envers moi et envers toute l’équipe qui gravite autour de lui. On fait un travail que l’on aime et on s’amuse beaucoup, le bonheur !

Master Pattern Ji de son titre s’appelle en réalité Mohamed Ali (quand je vous dis que l’Inde est une surprise tout les jours!) Voilà en partie une explication au nom de mes vêtements d’aujourd’hui, en hommage à cet homme qui m’a tout appris.

Les week-ends, après avoir passé la semaine au milieu de tissus, vêtements, papier et machines à coudre, j’allais me promener à… Connut place, une place bondée de boutiques de tissus sur 2 étages… oui c’est une addiction et vous savez quoi ? Je ne me soigne pas !

C’est dans ce lieu de perdition que je vous ai dégoté le beau tissu fleuri du modèle Ali. Ici pas de saree, ce n’est pas un marché de tissus traditionnels. J’ai fait une petite entorse au thème de la marque Ali Ati pour créer ce modèle.

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J’espère que cette nouvelle création vous plaira.
A très vite dans les rues de Lyon !

Rosalie

6 commentaires

maman

pourquoi j’ai pas vu ce modèle plein de gaité (un peu plus long pour moi )

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Rosalie

parce qu’il n’était pas encore près quand tu es passé à la boutique…
pas de problème pour faire la robe plus longue 🙂

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Mélanie

C’est super chouette et touchant de partager cette belle expérience avec nous!! À très vite pour la suite!
PS: les cheveux courts ça te va trop bien!????

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Anna

C’est super de découvrir ton parcours et d’où vient cette robe!
On attends la suite de l’aventure indienne avec impatience 🙂

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Anais

Plaisir de lire cette aventure sur papier, j’ai les yeux qui brillent en lisant ton affection pour Master Pattern! Je me souviens de ton enchantement au retour de ce stage qui finalement à guider ton projet de carrière et de vie jusqu’à aujourd’hui. On peut dire qu’il t’a marqué en effet! Je ne savais même pas que le nom de ta marque lui était lié…
Un beau projet pour lequel je te souhaite le succès!
Amicalement,

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